Archives du mot-clé Blanca

Cielo Algas

Photos: Jair S Méndez

Vendredi le 19 mars 2016.  Aujourd’hui, des algues blanches sont apparues dans le ciel de Blanca. Pour ce, il fallait tendre une corde sur 175m de distance, au-dessus du vide entre le Castillo jusqu’à une antenne située à mi-chemin de la Virgen Blanca. J’ai eu l’aide de Jaïr, qui a réussi à photographier le travail tout en maintenant la corde entre les deux points de fixation, pendant que j’établissais le relais.

Friday, March 19, 2016.  Today , white algae appeared in the sky of Blanca.
For this, a rope of 175m was to be stretched above the cliff between the Castillo and an antenna located halfway to the Virgen Blanca. I worked with the help of Jair, who managed to photograph the work while still holding the rope halfway the attachment points, as I linked both.

¡Más lejos!

Samedi le 12 mars 2016
Avec seulement 8 lettres pour deux mots, j’ai choisi cette fois d’essayer de faire seule la mise-à-l’eau. «Más lejos!» – plus loin – aurait dû s’envoler avec facilité mais ce jour-là, la direction du vent était inversée. Mes panneaux se sont engouffrés sous le pont. J’ai remonté le tout et changé de côté de pont pour faire voler mes mots dans le bon sens du vent mais le courant de la rivière lui ne change pas. Et même en raccourcissant autant que possible la longueur des cordes, mes mots trempaient et partaient dans le courant inverse pour à nouveau, s’empêtrer sous le pont. J’ai remonté le tout pour y remettre de l’ordre et reprendre la manœuvre à nouveau de l’autre côté, mais le tout s’est définitivement bien empêtré.
Deux messieurs de Blanca ont observé mon travail. À la fin, ils sont venus me rejoindre sur le pont et nous avons discuté pendant une bonne demi-heure du projet puis d’eux et de leur histoire. Les deux sont amis d’enfance et sont nés à Blanca. Salvi et Rafa vivent maintenant dans une autre ville de la région mais reviennent visiter leur famille à Blanca et se retrouvent à l’occasion. Les deux sont d’avis que des rues devraient changer de nom pour ne plus faire honneur à certains personnages de l’histoire. Plusieurs personnes à Blanca pensent ainsi mais d’autres pensent aussi que l’histoire est ce qu’elle est et que changer le nom des rues n’y changera rien. Souvent, des gens d’une même famille sont divisés sur ce sujet.
De mon bord, j’observe ceci: mes mots ont un sens mais le contexte leur en donne un autre. La rivière coule de son bord mais le vent souffle autrement. Ça s’emmêle et personne n’y comprend plus rien. Aussi la communication m’est difficile, je ne parle pas la langue; écho aux difficultés techniques que je rencontre.
Je persiste à vouloir faire apparaître des mots dits, sur l’eau. Qui les voit? Qui veut cette tribune? Je veux qu’ils flottent jusqu’au musée, mais l’eau les submerge et le courant les fait chavirer. Alors je veux qu’ils partent au vent, mais le vent tombe ou bien se retourne. À chaque essai, je pense avoir compris, j’ajuste et je recommence.
Donc continuons.
Je constate que la rivière n’est pas le cœur de Blanca. C’est Gran Via, la rue principale, qui est le cœur vivant de la ville. Aussi, Blanca est entourée de miradors. J’aimerais déplacer les mots. Comme une étrangère qui cherche à se faire entendre mais ne parle pas la langue, je sautille pour que mes lettres soient vues mais l’on ne les voit pas. Alors je vais les leur mettre en long et en large au-dessus de la ville, à hauteur de lunettes, sur la pointe du nez.
Et maintenant, quelle sera le prochain naufrage?

Saturday, March 12, 2016
With only 8 letters for two words, this time I chose to try to send alone by myself the letters on the water. « Más lejos! » – further away – should have flew with ease, but that day the wind direction was reversed and made my letter panels engulf under the bridge. I pulled everything out and changed side of the bridge to send the panels in the right direction of the wind but the current of the river being the same, and even by shortening as much as possible the length of the strings, my words would glue to the water and take on the current direction to again become entangled under the bridge. I pulled everything out to untangle the strings and resume the operation again on the primary side, but everything was definitely well entangled.
Two gentlemen observed my work. In the end, they joined me on the bridge and we talked for a good half hour of the project and of themselves and their history. The two are childhood friends and were born in Blanca. Salvi and Rafa now live in another city in the region but return to visit their family and meet again. Both believe that some streets should change names to no longer honor some characters of Spain history. Several people in Blanca think so but others think that history is what it is and that changing the street names won’t bring anything better. Often, people of a same family are divided on this subject.
On my side, I see this: my words have meanings but the context gives them another. The river flows in one direction but the wind blows in another. It gets all tangled and nobody understands anything anymore. Also communication is difficult for me, I do not speak the local language; this echoes to the technical difficulties I meet.
I still want to show the given words on the water. But who sees them? Who wants this platform? I wanted them to float to the museum, but the water immersed them and the current made them crash. Than, I wanted them to fly with the wind, but the wind calmed down or turned direction. With each attempt, I think I get it and put myself to work again.
Therefore let’s move on.
I must admit that the river is not the heart of Blanca. Instead, it is Gran Via, the main street, that is the living heart of the city. Also, Blanca is surrounded by miradors. I would like to displace my  operations. Like a foreigner who aims to be heard but doesn’t speak the language, I hops so my letters can be seen but nobody sees them. So I’ll put them above the town, at glasses’ height, at the tip of their nose.
And now, what will be the next wreck?

 

Dessins de Blanca

Pendant mon séjour, je fais plusieurs croquis, dans mon studio et dans mes déplacements en autobus, en excursion et sur la place du 18 juillet à Blanca qui est la place de l’église.

Esperando a German

Mercredi le 9 mars 2016
«Esperando a German» provient d’une jeune fille de Blanca dont le frère a quitté la ville pour aller étudier ailleurs et celui-ci lui manque beaucoup.
Lors de la dernière mise à l’eau un groupe d’adolescentes était rassemblé près de la rivière et avec Jair et Jean-Paul, nous avions discuté avec elles de ce que pouvait susciter l’apparition «Palabras seguras» sur la rivière. L’une a mentionné la naissance de AnaÏs, la dernière-née de sa famille. Une autre disait que les loutres ont quitté le Rio Segura depuis que les gens jettent leurs déchets dans la rivière. Ç’aurait donc pu être: «nutrias a cambio de los residuos»
J’aimais beaucoup l’appel d’une sœur pour son frère de 20 ans. Allait-il revenir à Blanca? Pour Pepete, le premier ami que j’ai rencontré ici, après avoir passé 3 ans ailleurs pour le travail, il lui fallait revenir vivre à Blanca.

Je tente ici encore une fois d’envoyer au vent et sur l’eau des lettres. Cette action nécessite l’aide de plusieurs personnes et je peux donc pas spontanément «lâcher mes mots». Je réfléchis maintenant à d’autres possibilités d’apparitions. Ailleurs dans la ville?

photos: Jean-Paul Kristensen
Accompagnée de / with company of :  Jair Mendez, Ambar Luna Quintanar, Jean-Paul Kristensen  et / and Abraham Hurtado of Centro Negra.

Wednesday, March 9, 2016
« Esperando a German » comes from a girl whose brother left Blanca to study in another city and she misses him a lot.
The last time I did send letters on the river a group of teen girls gathered near by and with Jair and Jean-Paul, we discussed with them of what could mean « Palabras seguras » floating on the river. One mentioned the birth of Anais, the latest new born in her family. Another said that otters had left the Rio Segura since people throw their waste into the river. It could therefore have been « nutrias a cambio de los residuos »
I really loved the call for a sister to her 20 years old brother. Would he return to Blanca? For Pepete, the first friend I met here, after spending 3 years elsewhere for work, he had to move back to Blanca.

I try once again to send letters to the wind and water. This action requires the help of many people and so I can not spontaneously « drop my words. » I now think about other possibilities of appearances. Maybe elsewhere in the city?

PALABRAS SEGURAS 3

Samedi le 5 mars 2016, Palabras Seguras a de nouveau été mis à l’eau. Prête à une envolée au vent, j’avais prévu d’accrocher le train de panneaux de lettres à la balustrade du pont mais nous avons eu peu de vent. Ça a donné l’effet d’un rouleau de papier toilette qui trempait à moitié déroulé dans l’eau. Mais nous avons eu le plaisir d’échanger avec un groupe d’adolescentes qui nous ont volontiers transmis de nouveaux mots et Pepete, ma première rencontre à Blanca m’a fait la belle surprise de nous rejoindre sur le pont.

Merci aux autres artistes en résidence à Centro Negra: Jair Mendez, Ambar Luna Quintanar, Jean-Paul K, Lorenza Manfredi et à Centro Negra avec Elena Azzedin et Miriam Barriga Martinez.
Photos: Lorenza Manfredi