la plante en ville sont des performances qui ont eu lieu en avril 2009, avril et septembre 2010 et mai 2011. Elles ont consisté en 4 promenades dans deux quartiers à Montréal avec une feuille coupée de l’Arbre du Voyageur, une plante tropicale.
C’est une dissémination par pièce des parties constituantes d’une plante tropicale qui, contrainte à l’enfermement donc à l’exclusion de son milieu naturel, accède ainsi à l’environnement extérieur, même si hostile et déplacé de Montréal. Les tiges et feuilles de la plante sont orientées en éventail, les promenades sont des prolongations de ces axes.
itinéraires:
Dans son environnement naturel, l’Arbre du Voyageur est une plante qui ressemble à un palmier. Adulte, son tronc peut mesurer dix mètres de hauteur, pour une hauteur totale d’environ 20 m avec le déploiement des feuilles. Il peut fleurir et produire de grandes fleurs blanches. Son nom vernaculaire vient du fait que l’eau conservée dans la gaine foliaire à la base des feuilles permettrait au voyageur de se désaltérer. Un coup de machette sur la base du tronc fait couler une sève dont le goût est proche de l’eau. Il fournit aussi une matière grasse comestible.
Plante originaire de Madagascar, la pollinisation est assurée par les chauves-souris et les lémuriens. Ses différentes parties servent de matériaux pour la construction de maisons traditionnelles. C’est un emblème de Madagascar, stylisé en logo par la compagnie aérienne nationale. Espèce endémique, c’est aussi la seule espèce du genre dans l’île.
L’arbre du voyageur est aussi présent dans l’Île de la Réunion, à l’Île Maurice, sur l’archipel des Comores, en Guyane, en Guadeloupe, à la Martinique où il a été importé en tant que plante d’ornement. Au Québec, on le retrouve parfois dans les appartements…
Chez moi, mon arbre atteint 3 mètres de hauteur. Les feuilles mesurent 1m de long. Au total, l’arbre atteint 4 m de hauteur en pot, même dimension d’amplitude des feuilles. La plante génère en moyenne 4 nouvelles feuilles par année, soit une par saison.
Lorsque j’ai acquis cette plante il y a plus de 15 ans, elle était constituée de 3 feuilles de quelques centimètres chacune. En aménageant dans l’espace lumineux de mon appartement actuel, ça lui a donné une poussée d’énergie. C’est une force de la nature, fulgurante, optimiste. Mais elle est confinée, décorative et exclusive.
L’Arbre du Voyageur rêve de voyages…
Les plus vieilles feuilles finissent par s’affaisser, et je dois parfois en couper une pour permettre à la plante de se régénérer. Ces amputations correspondent à l’apparition d’une nouvelle jeune feuille qui sort du cœur de la plante. Auparavant, je découpais en morceau la vieille feuille encore vivante, coupée au bas de la tige, puis je la mettais dans un sac plastique que je jetais aux poubelles.
J’ai voulu qu’elle ait accès à la vie hors mes murs, au moins pour un moment. Une façon de valider son existence. C’est comme ça qu’est née cette performance. Les amputations de l’Arbre voyagent. Exposer la feuille à l’environnement extérieur du Québec, est aussi un sacrifice au végétal tropical. Plante déplacée.
l’Arbre du Voyageur a voyagé.
Voyageur guidé par la voyageuse.







Salut Sylvie,
Brigitte m’a parlé de cette performance, j’ai hâte de voir les photos!
Allo Jorge,
Merci pour ton mot.
Je vais mettre du matériel sur ce blog bientôt. Je dois encore bâtir le site. Je te tiendrai au courant lorsque que ce sera fait.
Et aussi, je vais aller voir ton blog.
Au plaisir,
sylvie