Archives du mot-clé art

la plante en ville 11

La dernière plante en ville a eu lieu le 26 août 2017. Lorsque je suis revenue à Montréal après une absence d’un mois, j’ai retrouvé la plante abîmée, des tiges s’étaient affaissées, rendues fragiles par le manque d’eau de la canicule d’été chez moi.
Cette promenade s’est effectuée sur- et sous terre, en métro. Nous nous sommes dirigées vers le carré Saint-Louis et sommes descendues au métro Sherbrooke. Nous sommes remontées au métro Lionel-Groulx. La promenade s’est terminée au tertre qu’occupe le centre Dare Dare. Ce samedi-là avait lieu une Petite Vite: un évènement où des artistes, des commissaires venaient présenter leur démarche, leur pratique ou leur projet en quelques minutes comptées.
Il y a déjà 5 mois que l’évènement a eu lieu.
Images et mouvements captés par Alain Richard

PALABRAS SEGURAS

Mardi le 16 février 2016, les lettres étaient prêtes pour partir flotter sur la rivière Segura. À 17h (moins 5) a eu lieu la mise-à-l’eau.

Les 15 lettres du message: PALABRAS SEGURAS ont été peintes sur des panneaux de tissus reliés entre eux par deux cordes. La dernière lettre est reliée à une seule corde enroulée sur une bobine à manivelle attachée au pont. C’est le test.

Les premiers instants sont magnifiques, les lettres volent ! La pression sur les cordes devient très forte lorsque le courant de la rivière les entraîne dans sa dérive. Nous voulons laisser l’entraînement de l’eau faire voyager les lettres du message et qu’il apparaisse tel dans une parade. Mais le courant pousse le train de lettres vers la rive et le voyage se termine en petit naufrage, devant le musée de Blanca. Une des lettres s’est empêtrée dans un fil de nylon de pêcheur.

PALABRAS SEGURAS pourrait se traduire par: mots en sécurité ou mots confiés. Ici, il s’agit d’un appel. J’appelle les gens de la ville à me dire le prochain mot qui partira à la dérive, qu’ils me confient le prochain nom, le prochain sens, le prochain message auquel j’assurerai un voyage sur l’eau. J’espère avoir la chance d’obtenir ces mots-confidences en cadeau que je partagerai.

Un énorme merci à Elena Azzedin, Lucia Petrilli ainsi qu’à Arnas pour l’aide qu’ils m’ont apportée et à AADK-Centro Negra de Blanca, où le projet se déroulera jusqu’à la fin mars.

English below

Photos: Lucia Petrilli

On Tuesday, Feb. 16, the letters were ready to go floating on the Rio Segura.

The 15 letters composing the message: PALABRAS SEGURAS were painted on panels of fabric interconnected by two ropes each. The last letter was connected to a spool attached to the bridge. The test began.

The first moments are beautiful, the letters are flying ! The pressure on the strings becomes very strong when the current of the river draws the panels into his drift. We want to let the letters be transported by the water so that the message appears in a parade. But the current pushes the train of letters to the shore and the journey ends in small wreck, in front the museum of Blanca. One of the letters was entangled in a fishing nylon thread.

PALABRAS SEGURAS could mean: safe words or entrusted words. For here it is also a call. I call on the people of Blanca to tell me the next word that will be sent on to drift, so that they entrust me with the next name, the next direction, the next message that I’ll put on a trip on the water. I hope to have the chance to be given these gifts of confidences words to be shared.

A huge thank you to Elena Azzedin, Lucia Petrilli and to Arnas for the help they have given me and AADK-Centro Negra Blanca, where the project will run until the end of March 2016.

la plante en ville 10

IMGP9294Mercredi le 12 août 2015, jour de soleil, j’ai promené la plante en direction nord, jusqu’au Champ des Possibles. En route, j’ai croisé des gens souriants, des enfants étonnés, curieux. Une petite fille m’a suivie un bloc, elle devait passer par là mais elle a marché derrière moi et m’a vite dépassée lorsqu’elle a atteint son feu vert. Cette fois, on ne m’a pas interrogée. La feuille géante a suscité des sourires, des «Wow!», des «Super!». Au coin des rues St-Denis et Laurier, des travailleurs de la voirie m’ont suggéré de marcher du côté ombragé de la rue pour ménager la feuille. Personne n’a posé de question. J’avais l’impression qu’on connaissait déjà la plante en ville. Au Champ des Possibles, un monsieur était assis sur le carré de bois et lançait une balle à son chien avec une espèce de crosse en plastique. Il m’a demandé si ma feuille allait mourir, je lu ai répondu oui (il me demandait à sa façon, si j’allais laisser la feuille sur place). Mais en fait, j’aurais pu lui répondre non, qu’elle allait maintenant vivre encore ici. J’ai installé la feuille sur le socle de bois, elle faisait «oui» dans le vent.

On Wednesday, August 12 2015, sunny day, I walked the plant north up to the Champ des Possibles. On the way I met smiling people, children surprised, curious. A little girl followed me for a block, she was simply going her way, but she stayed behind and quickly passed me when she reached the green light. So this time, I was not questioned. The giant leaf generated smiles, « Wow! », a « Great! », and then at the corner of St-Denis and Laurier streets, the road workers suggested that I walk on the shady side of the street to protect the leaf. But no one asked any questions. It almost felt like the plant was known. In the Champ des Possibles, a man was sitting on the wood stage and launched a ball with a a kind of lacrosse stick to his dog. He asked me if my leaf was going to die. I said yes (I read that in his way, he asked me if I was going to let the leaf there). After thought, I could have answered no, for she was now going to live there. I installed the leaf on the wooden base, she was waving «yes» in the wind.

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en Suisse et en marche / walking in Switzerland

On the 28 January 2014, I started to walk on the last trajectory of the bâle – basel – stellar project, from Thun up to Basel. It took me 7 days to reach Basel. I walked up and down, through mountains and in the woods, got into valleys and crossed many villages. I often walked alone in the forest and chose to get off the path to make a short cut. This sometimes made me lose track of where I was heading. I lost time this way trying to reorientate myself (upcoming soon: the final walked line) but then it was easier on the flat land.
For this trajectory I only used a camera. The images I gathered to build the perspective are reduced samples, microcosm extracts of a much broader landscape.
With many circumvolutions especially entering the Jura region, the complete walk is a lot longer than what I initially thought it would be. Look below, hard time ahead !

Le 28 janvier 2014, j’ai débuté la dernière trajectoire de mon projet – bâle – stellar – basel, à pied de Thoune jusqu’à Bâle. Pendant 7 jours, j’ai traversé, grimpé et descendu montagnes et forêts sur des sentiers de terre, de boue, d’herbe ou d’asphalte, atteint vallées et plusieurs petits villages. À quelques reprises j’ai perdu mon orientation en sortant des sentiers pour couper plus court. Je n’ai pas toujours été sûre de la piste que je suivais dans les montagnes, alors que je m’y retrouvais en pays plat. (À venir: carte du trajet de marche)
Pour cette trajectoire, je n’ai utilisé qu’un appareil photo, la vidéo. Les images que j’ai cueillies pour reconstruire la perspective de cette trajectoire sont des microcosmes extraits d’un paysage tellement plus vaste.
Avec beaucoup de circonvolutions, particulièrement sur les versants dans la région Jura, ma trajectoire complète fut plus importante que ce que j’avais évalué.  Ci-dessous, voyez droit devant: ça va monter !

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